Installation vidéo, films en boucle sur plusieurs écrans, miniDV et fullHD, en cours de montage et ateliers de cinéma expérimental avec le soutien de la Ville de Paris en collaboration avec Anna Piroska Toth
L’installation vidéo est issue d’une série d’ateliers de documentaire expérimental menée dans deux écoles primaires prioritaires dans Paris avec des enfants âgé.e.s de 7-10 ans. Les images, entre représentation et abstraction, surgissent puis s’accumulent dans une « boîte à trésor » filmique. Les gestes d’enregistrement émergent lors des jeux de tournage qui s’inventent comme des protocoles. Le « film-boîte » se remplit de choses diverses dont les valeurs ne sont pas définies par leur nature matérielle, leur fonction utilitaire ou leur aspect esthétique mais par leur dimension affective. Les séquences tournées par les enfants fonctionnent comme des instruments grâce auxquels l’attention se trouve branchée sur leur perception du monde. A travers leurs regards des objets qui semblent être banales, sans intérêt particulier se révèlent autrement. L’installation vidéo propose une immersion dans une expérience attentionnelle collective, multiples et subjectives, où les « films-boîtes » deviennent des clés qui nous ouvrent à la perception propre à l’enfance.

Les jeux de tournage sont conçus avec des enfants afin de créer des situations propices à l’expérimentation collective d’enregistrement. Les outils de tournage circulent de mains en mains et les rôles s'échangent. Chaque jeu se répète jusqu’à son épuisement organique. 
Suivre une couleur Des rectangles de couleurs différentes sont présentés aux participants dont chacun.e choisit un. Une personne tient la caméra, une autre, plus loin, le rectangle coloré. La personne tenant la caméra dans sa main doit retrouver cette couleur dans le viseur. Elle zoome le plus possible jusqu’à ce que la couleur remplisse tout le cadre de l’image. La caméra suit ensuite la couleur dans son mouvement.
Faire passer le regard Le groupe s’assoit dans un cercle et place au milieu un objet. Chaque participant.e le filme à son tour, de sa position, ainsi que le visage des autres, et passe ensuite la caméra à la personne suivante. 
Enfiler les formesDes objets sont placés devant la caméra d’une manière successive. L’ordre est définie selon leur parenté formelle.​​​​​​​
Rejoindre le flux / La caméra effectue un mouvement ondulant. Chacun.e essaie d’apparaître dans le flux des images.
Rejoindre la correspondance Le groupe s’assoit, tout le monde ferme les yeux. Une personne rompt le silence en faisant un son continu ou en boucle. Les autres l’écoutent, puis la personne suivante la rejoint avec le son à lui, elle. Les sons continuent jusqu’à ce que tout le groupe résonne ensemble dans la composition qui s’est ainsi émergée.
Composer à partir de mouvements spontanésLe groupe bouge librement : gestes, balancements, marches. Pendant ce temps, quelqu’un tient un cadre vide et compose l’image. Le cadre et celui qui le tient sont en mouvement constant, à la recherche de la meilleure composition dans le flux des mouvements spontanés.
Chercher et trouver / Une personne est désignée pour cacher un objet choisi, une autre pour filmer avec la caméra et une pour enregistrer le son ou encore pour s’occuper de la lumière. Tandis que la personne cache l’objet, le reste du groupe attend dehors. Quand tout est prêt, la porte s’ouvre et l’enregistrement commence. Celui, celle qui a caché l’objet, guide l’équipe de tournage pour le retrouver. Il ou elle indique la direction en utilisant les mots suivants : gelé, froid, tiède, chaud, très chaud, brûlant. Lorsque l’objet est trouvé, il est éclairé et filmé. 
Tenir l’image, tenir l’objetChaque participant.e amène ou trouve sur place un objet qu’il ou elle affectionne. Chaque objet est positionné devant la caméra et est filmé en plan fixe pendant une minute. Ensuite, l'objet est filmé d’une autre perspective et décrit en voix-off par la personne qui filme pendant encore une minute.
Filmer les limitesLes participant.e.s se déplacent dans l’espace où on se trouve en longeant les bords, en passant à côté des éléments qui le délimitent. Une personne éclaire ce qu’il regarde, l'autre suit la lumière avec la caméra et enregistre le chemin parcouru et les objets rencontrés.  
 - On le met? Dit Paul en agitant la seconde photographie. 
- On met quoi? Où? 
- Dans le trésor? 
- Qu’est-ce qu’on met dans le trésor? 
L’enfant reprenait un visage ombrageux. Elle vénérait le trésor. Verser un nouvel objet au trésor n’était point une baliverne. Elle exigeait qu’on la consultât.
- Montre.
(Jean Cocteau : Les Enfants terribles)